Sonepar annonce la disparition de son fondateur et président d’honneur Henri Coisne

C’est avec une grande tristesse et beaucoup d’émotion que Sonepar annonce le décès de son fondateur et président d’honneur, Henri Coisne, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2022, à l’âge de 99 ans, entouré de sa famille. Il a rejoint son épouse Malou. 

Au-delà d’être un « grand capitaine d’industrie », c’est sa simplicité, son esprit entrepreneurial et son intégrité qui auront marqué sa vie.  Henri, dans la lignée de sa famille, a très tôt perçu le potentiel de la distribution électrique. En 1969, il fonde Sonepar qui est devenu aujourd’hui le premier distributeur électrique mondial, présent dans plus de 40 pays avec 45 000 collaborateurs.  

Sonepar partage la peine de ses enfants, Henri, Martine, Sylvie, Marie-Christine et Laurence, de leurs petits-enfants et de leurs arrière-petits-enfants. 

Marie-Christine Coisne-Roquette, président de Sonepar, raconte : « Notre père était un pionnier et une source d’inspiration pour nous tous. Il a toujours été ambitieux et animé d’un esprit entrepreneurial qui continuera à guider le groupe à l’avenir.  C’était un homme juste et bon. En tant que groupe familial, il cultivait une vision à long terme, et même s’il n’occupait plus de rôle opérationnel, il restait toujours parfaitement au courant de toutes les évolutions du Groupe. Comme il le disait souvent : ce qui compte, c’est ce qui dure. Plus de 50 ans après sa création, l’indépendance de Sonepar reste une force essentielle pour soutenir la stratégie de croissance durable et à long terme du Groupe, portée par les engagements de ses actionnaires familiaux. »  

Rendre hommage à Henri Coisne  

Un livre de condoléances virtuel sera bientôt mis à votre disposition pour écrire un message ou poster une photo afin de rendre hommage à Henri Coisne.  

Biographie d’Henri Coisne 

Henri Coisne est né le 21 juin 1923 à Armentières (Nord). 

Il est le quatrième Henri de la famille Coisne après son père, son grand-père et son arrière-grand-père. Son fils est le cinquième et le fils de son fils le sixième. Ses parents étaient Henri Coisne, né en 1891, et Marie Dufour, née en 1898. Il a huit frères et sœurs, Marie, Adèle, Paul, Hubert, Jacqueline, Bernard et Geneviève, et il est le troisième enfant de la fratrie. 

En juin 1940, il passe un premier bac en mathématiques à Laval où sa mère, ses frères et sœurs et lui s’étaient repliés à la suite de la débâcle de la Seconde Guerre mondiale. Quelques semaines plus tard, il passe un deuxième bac en philosophie à Cahors alors que sa famille s’est installée dans le Lot en raison de la progression des troupes allemandes. 

En septembre 1940, il entre en classe préparatoire, appelée à l’époque mathématiques supérieures, au lycée Sainte-Geneviève à Versailles. 

En juin 1943, il est reçu à la fois au concours d’entrée à l’école de l’Air et à l’École navale. Il choisit l’Air. 

Marqué par la poignée de main entre Pétain et Hitler en octobre 1940 à Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher), mais aussi par l’ordre donné par l’Amirauté du Régime de Vichy à la flotte française de tout saborder au lieu de prendre la mer lorsque l’armée allemande a envahi la zone libre française en novembre 1942, Henri Coisne annonce à ses parents vouloir rejoindre le général de Gaulle et la France libre. A l’été 1943, avec quelques amis, il décide donc de passer la frontière espagnole pour gagner ensuite le Maroc. Il arrive finalement à Casablanca en septembre.  

Après plusieurs mois d’attente au camp Cazes, il part en janvier 1944 rejoindre l’école de l’Air désormais installée aux Etats-Unis, à Tuscaloosa (Alabama). Il intègre alors la promotion 43 AFN.  

En juillet 1945, à l’issue de sa formation, Henri Coisne est prêt à intégrer une unité navigante et il est affecté au 1/62, à Alger, un groupe de transport spécialisé sur l’Afrique du Nord. Ses missions principales consistent à effectuer la liaison et le ravitaillement du Sahara, à bord notamment de Junker Ju 52. 

Un an plus tard, en septembre 1946, il prend la direction de l’Indochine. Il y effectue également des missions de liaison et de ravitaillement. 

A l’automne 1947, il épouse Marie-Louise Colombier (1927-2012), originaire comme lui d’Armentières. Ils auront cinq enfants : Henri en 1948, Martine en 1950, Sylvie en 1952, Marie-Christine en 1956 et Laurence en 1962. 

Le 1er janvier 1948, il est affecté au Bourget et s’installe avec sa femme à Paris. 

Après un détour par la base de Cognac, il rejoint le Groupe aérien d’entraînement et de liaison, le GAEL, de ViIlacoublay, pour le compte duquel il effectue de nombreuses liaisons dans toute l’Union française, de l’Afrique jusqu’à Madagascar, à bord de Léo 45 et de NC-701 Martinet.  

En 1953, il est reçu au concours d’entrée à l’école d’état-major. Il se porte volontaire l’année suivante pour rejoindre l’Indochine alors en pleine bataille de Diên Biên Phu. Sur place, il commande les opérations du groupe de bombardement 1-25. Il est basé à Hai Phong puis Tourane. 

Il rentre en France en avril 1955 alors que son père est sur le point de mourir des suites d’un cancer. 

Une fois nommé commandant, il est affecté en juillet 1955 au Bureau d’études générales, le BEG (devenu depuis le Bureau des plans et emplois). Il est chargé de réfléchir à l’avenir de l’armée de l’air, et notamment de ses infrastructures.  

Fin 1957, alors que le nord du pays est en guerre, il est nommé à la tête du Poste de Commandement Air Directeur de Ouargla en Algérie. Il est en charge de la surveillance aérienne du Sahara oriental, de Touggourt à Tamanrasset. 

Quelques mois plus tard, il rentre en France à la base de Cognac pour commander l’escadron de bombardement 2/92 Aquitaine. Il a aussi pour mission de faire la promotion de l’avion Vautour. Il ira d’ailleurs le présenter au Shah d’Iran au printemps 1959. 

Début 1962, il quitte définitivement l’armée pour rejoindre le Groupe familial. Il se voit alors confier la direction générale de la Cellulose d’Alizay. 

Après la vente de la Cellulose d’Alizay, Henri Coisne se trouve investi par la famille d’une mission de développement et d’investissement du capital familial dans un nouveau secteur d’activité répondant à certains critères : de bonnes perspectives de développement, la possibilité de se développer indépendamment des banques et de l’Etat, une cyclicité limitée. 

Début 1969, l’acquisition du Comptoir d’Électricité Franco-Belge marque le démarrage du groupe familial dans la distribution de matériel électrique et la naissance du Groupe Sonepar. Le premier siège de l’entreprise est construit rue de la Quintinie, dans le 15e arrondissement de Paris, sur un terrain jouxtant Franco-Belge. 

Henri Coisne prend alors la direction de l’entreprise. Très vite, plusieurs entreprises vont rejoindre Sonepar et constituer ainsi les bases régionales de la couverture de la France : le Comptoir Lyonnais d’Electricité (Sud-Est) en 1973, Sanelec (Nord-Est) en 1974, le Groupe Marcel Tabur (Ouest) en 1977. 

En 1976, Henri Coisne devient Président du Directoire de Sonepar. À la suite de graves problèmes de santé, il démissionne de ce poste en 1980 au profit de José Ménendez. A son retour en 1981, il devient Président du Conseil de Surveillance tout en restant très impliqué dans la gestion opérationnelle du Groupe. C’est d’ailleurs lui qui pilotera en 1982 la première acquisition de Sonepar hors de France en Allemagne et aux Pays-Bas. 

A partir du milieu des années 1990, Henri Coisne se retire progressivement des affaires. En 1998, c’est sa fille, Marie-Christine Coisne-Roquette, qui prend sa succession. Quelques années auparavant, il était devenu juge au tribunal de commerce de Paris. Le 6 décembre 1991, il est fait commandeur dans l’ordre de la Légion d’Honneur. 

De 1998 à 2002, il est Président d’Honneur et membre du Conseil de Surveillance de Sonepar puis de 2002 à 2010, il est Président d’Honneur et membre du Conseil d’Administration du Groupe. 

Depuis 2010, il demeure Président d’Honneur du Conseil d’Administration de Sonepar. Toujours présent aux grands événements du Groupe, il suit avec bienveillance le développement du Groupe qu’il a fondé. 

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